Comment je soigne ma rosacée

Si je vous disais que la première personne à mettre le doigt sur mon mal aise a été mon ophtalmo… « Vous avez quoi au nez ? » Ca y est c’est reparti. Je pense que j’ai dû virer rouge pivoine de gêne et j’avais envie de lui envoyer à la tronche, « NON je ne bois pas et NON je ne suis pas enrhumée !!! » et à la place de cela est sorti un petit « Euh ??!! » tout timide… Parce que c’est la première fois que l’on pointait mon complexe explicitement, en me posant la question clairement, plutôt que de ricaner avec des allusions qui ne font sourire que ceux qui les font.

C’est ainsi que j’ai enfin pu mettre un nom sur mon complexe : la rosacée (qui m’avait déjà pris mon nez et qui s’attaquait désormais à mes yeux). Malgré cela j’étais soulagée qu’un médecin – sans aucun autre diagnostic que visuel – me prenne au sérieux. Car non je ne veux pas ressembler à un filtre Instagram uniforme, monochrome et sans pore, mais je ne veux pas non plus ressembler au phare du port de Toulouse (comment ça, y a pas la mer à Toulouse ??! : petite pensée à ceux qui m’ont déjà exprimé leur enthousiasme « Oh vous avez de la chance à Toulouse, vous avez la montagne et la mer ! » … « Euh ??!! » bis ;).

Pour en revenir au sujet, et pour ceux qui ne connaissent pas la rosacée, c’est une maladie assez fréquente chez les personnes à peau claire et notamment nous les femmes (c’te chance !). C’est une maladie dont on ne guérit pas mais dont on peut atténuer les effets. Elle atteint les petits vaisseaux du visage (joues, nez, milieu du front et menton) et se présente sous différentes formes selon son avancée : des rougeurs, des boutons et même jusqu’à des déformations du visage. Les causes de la maladie sont encore inconnues mais elle est gênante et inconfortable et peut avoir des conséquences assez importantes sur l’estime de soi et sur notre relation aux autres. Pour ma part, la maladie s’est déclarée pendant ma première grossesse.

Le point positif que j’en ressortais est que j’avais enfin une explication à mon nez rouge et ma sensibilité accrue à l’application de mes cosmétiques et que j’allais pouvoir agir en conséquence !

Et comme rien n’arrive par hasard, j’avais déjà un rdv de prévu la semaine suivante chez ma dermato pour me renseigner sur l’épilation définitive. Ce serait donc un rdv 2 en 1. Elle m’a confirmé le diagnostic de mon ophtalmologue et je suis repartie avec une routine de soin et une prescription pour des séances de laser.

J’ai commencé par le traitement recommandé par ma dermatologue et j’ai également remplacé toutes mes crèmes.

Je ne détaillerai pas ma routine complète du matin et du soir dans cet article – qui sera je pense déjà bien assez long – mais uniquement ma routine relative à la rosacée. (Si vous êtes cependant intéressées par la routine complète, laissez un commentaire et je vous préparerai un article spécifique.)

Le traitement au laser

Avant de commencer les séances laser, j’ai suivi un traitement d’un mois de Soolentra qui est une crème anti-inflammatoire, que j’appliquais une fois par jour sur le nez en très petite quantité. Il faut en utiliser très peu afin d’éviter les effets secondaires (brûlure et démangeaison). Cette crème permet de réduire et d’espacer l’apparition des boutons – qui ne sont pas à ne pas confondre avec de l’acné mais bien liés au stade 2 de la rosacée.

Cette crème est un médicament dont le traitement ne doit pas dépasser 4 mois et doit être préconisée par votre médecin.

A la fin du traitement ma peau était plus lisse, j’avais moins de bouton et elle était donc prête pour les séances laser. J’ai fait 3 séances dès janvier. Elles sont à faire en dehors des périodes de fort ensoleillement. Donc ici à Toulouse, ma dermato ne pratique pas le laser entre avril/mai et jusqu’à fin octobre (mais c’est d’ailleurs peut-être pareil dans les autres régions ?!). C’est donc bien évidemment à proscrire si vous partez au soleil hors saison ou en vacances au ski. La peau ne doit absolument pas être bronzée afin que les séances laser soient efficaces.

Comment cela fonctionne ? Le laser permet d’atténuer les rougeurs en réduisant le nombre de terminaisons nerveuses. Les rougeurs diminuent et les récidives de la maladie s’espacent. En général 3 à 4 séances sont nécessaires. J’ai fait 3 séances en 3 mois avant l’été, en laissant ma peau au repos pendant 3 à 4 semaines entre chaque séance. Une séance coûte 80 euros et n’est pas prise en charge par la sécurité sociale. Cela a en effet un coût total non négligeable mais personnellement j’ai préféré économiser pour me payer ces séances car j’étais de plus en plus complexée par la maladie.

La séance est assez rapide 10 à 15 minutes pour moi (nez et ailes du nez). Je m’installe sur la table d’examen et je suis équipée (comme le médecin) de lunettes de protection. Elle applique une sorte de gel sur les parties à traiter. Le laser se présente sous la forme d’un petit « stylo » avec lequel elle va balayer les zones malades et décharger des impulsions lumineuses. La sensation s’apparente à des éclairs, des décharges électriques ou des coups d’élastique qui ne sont pas très agréables en effet mais supportables. Le laser chauffe les zones rouges, fait coaguler les vaisseaux dilatés et les fait disparaître. Selon le stade de la maladie, un œdème ou des traces rouges/violacées peuvent être présents pendant quelques jours. Personnellement je n’ai jamais eu d’œdème ou de trace, mais les zones atteintes étaient en effet un peu plus rouges les jours suivants les séances. Une fois la séance terminée, il est possible de se maquiller immédiatement pour camoufler la peau. Ma dermatologue avait toujours des échantillons de crème solaire, correcteur vert et crème teintée pour m’éviter de sortir à découvert !

Les effets du laser et la diminution des rougeurs commencent à être visibles environ 3 semaines après. Le laser a très bien fonctionné sur mes rougeurs qui ont presque entièrement disparu. Mais ma peau reste tout de même réactive et rougit dès je mets de la crème, que je me mouche ou que le froid est un peu trop glacial. J’ai laissé passé l’été et je prévois de refaire une séance le mois prochain. Ma dermatologue m’avait de toute façon prévenue que la rosacée ne se guérit pas et qu’il faudrait envisager des séances de rappel une fois par an ou bien lorsque ma peau recommencerait à rougir à nouveau.

Ma routine de soin et maquillage

Comme je vous le disais plus haut, en plus du traitement au laser, j’ai modifié également ma routine de soin. Je me suis renseignée sur les crèmes les moins agressives et les plus adaptées aux peaux touchées par la rosacée.

Matin et soir j’utilise en lotion l’eau d’hamamélis qui a des vertus astringentes et qui atténue les rougeurs. Elle apaise les inflammations et favorise la cicatrisation.

Le soir j’applique la crème Hydra Tolérance de Saint Gervais Mont Blanc qui hydrate, apaise et protège les peaux réactives. Je ne l’utilise que le soir car je la trouve très riche pour ma peau pour l’utiliser comme base de maquillage.

Le matin j’applique la crème Keracnyl Control de Ducray. Mais avec l’hiver qui arrive, ma peau tiraille un peu plus, je termine donc ce tube et je pense tester le soin anti-rougeur de Saint Gervais Mont Blanc qui sera peut-être plus adapté à ma peau pour cet hiver et moins riche qu’Hydra Tolérance pour être utilisé comme base de maquillage.

J’applique ensuite la crème solaire Eucerin Oil Control Sun Visage en gel crème. J’adore cette crème, son toucher est sec et elle n’irrite absolument pas ma peau contrairement à la plupart des crèmes solaires. Une protection solaire doit être utilisée sur les zones atteinte de rosacée TOUS LES JOURS et même sans soleil. Les UV sont très néfastes et activent l’inconfort produit par la maladie. Pour ma part j’en mets sur tout le visage et le cou car on sait toutes que les UV accélèrent l’apparition des rides. Donc le plus tard sera le mieux 😉

Selon les jours – comme les symptômes de ma rosacée fluctuent en fonction des changements de température mais parfois aussi en fonction de l’alimentation, des sources de chaleur ou de froid – j’adapte ma routine maquillage. J’utilise la poudre de teint Blemish Remedy de Bareminerals. Elle me permet de masquer les imperfections et mes rougeurs persistantes. Si vous avez besoin de plus de couvrance, vous pouvez utiliser un correcteur vert qui aura pour effet de neutraliser la couleur rouge. Je vous conseille cependant d’utiliser des dermo-cosmétiques fluides pour hydrater la peau sans obstruer les pores. Ces cosmétiques masquent les effets de la rosacée et ils peuvent réellement nous changer la vie pour faire disparaître les conséquences visibles de cette maladie. Il serait donc dommage de s’en priver.

Ma routine de soin oculaire

Comme je vous l’écrivais plus haut, la rosacée a également attaqué mes yeux et surtout l’œil gauche. Cela se traduit par une sècheresse, des muqueuses rouges et la sensation d’avoir un grain de sable dans l’œil en période de crise.

J’utilise donc matin et soir le nettoyant Ilast d’Hydraclean pour les paupières. J’applique une pression sur une compresse stérile (une pour chaque œil) et je nettoie mes paupières comme pour parfaire le démaquillage. Puis une goutte de larme artificielle dans chaque œil.

Une fois par semaine ou plus fréquemment en période de crise, j’applique un masque oculaire que je fais chauffer au micro ondes. Le masque que j’utilise est le Thérapearl qui peut être utilisé chaud (ou froid selon le mal à traiter). C’est un masque réutilisable qui soulage donc les sécheresses oculaires, mais aussi les maux de têtes, de sinus, les yeux gonflés, …

Sincèrement je vois une différence avec les jours où je zappe ma routine. Mes yeux sont secs, me démangent et deviennent tellement inconfortables que cela peut me réveiller la nuit ! Bref cela devient vite la misère !

 

Dans tous cas, si vous êtes concernés par la rosacée, et quel que soit le stade d’évolution il est important de ne pas rester seul, de ne pas se renfermer. Ce qui est encore plus important c’est de ne pas rester sans agir. La maladie évolue et peut avoir des effets bien plus importants que les rougeurs et les boutons. De plus, l’impact sur le plan psychologique et relationnel est réel. Elle peut engendrer un stress et une perte de confiance en soi. Car au delà du physique se cache souvent une réelle détresse mentale due au regard des gens qui nous jugent parfois en concluant à la hâte que l’on doit certainement abuser de la bouteille… Il est important de rappeler que la rosacée n’a absolument aucun lien avec l’alcoolisme. Tout comme elle n’a absolument aucun lien avec l’acné. Il est blessant et difficile d’accepter qu’à l’âge adulte on se retrouve à nouveau avec des problèmes de peau.

Pour terminer cet article sur une note d’espoir, je conclurais en vous rappelant qu’il existe heureusement de réelles solutions et des traitements qui ont fait leur preuve et qui permettent d’atténuer la rosacée et surtout de mieux vivre avec. Je vous souhaite donc bon courage à celles et ceux qui se reconnaîtront dans cet article et n’hésitez pas à partager vos astuces, vos soins, ou votre routine pour contrer la rosacée.

2 Replies to “Comment je soigne ma rosacée”

  1. C’est super d’avoir ton retour sur cela. J’ai plusieurs amies qui sont concernées et c’est cool d’avoir un témoignage. Par contre moi je suis très intéressée par ta routine matin et soir !!

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